Dans sa série Alphaville, Nicolas Wilmouth érige une métropole imaginaire à partir de
cartons recyclés, faisant du précaire un monument, du résidu une promesse. Ses
architectures élancées, muettes, semblent surgir d’un songe rationnel, suspendues entre
l’élan et la chute, brouillant les repères d’échelle et de temps.
Sous ces façades immobiles, un souffle discret persiste, comme la mémoire d’une vie
abritée au cœur du vide. En détournant la fragilité du carton vers une forme d’éternité
urbaine, Wilmouth élève le fragile à la dignité du mythe. Alphaville devient alors une
méditation silencieuse sur nos cités intérieures — sur la beauté tenace de ce qui,
d’ordinaire, s’oublie, se plie ou se perd.
















